#FemuLiVultà Manifestation le 3 à Corti, débat le 18 à Ajaccio #Amnistia #Corse

Ce mardi matin, Sulidarità tenait une conférence de presse à Aiacciu pour dénoncer la répression intra-Muros que subissent les prisonniers politiques.

Voici le texte de la conférence de presse (photos et vidéo à venir)

« Bonjour, nous sommes une fois de plus réunis afin de dénoncer l’acharnement à l’encontre de  nos prisonniers politiques. Alors oui, nous communiquons souvent ces jours-ci, mais ces communications sont nécessaires tant les injustices faites aux nôtres se multiplient ces derniers temps.

Nous  allons donc commencer cette conférence de presse par un récapitulatif de la situation des prisonniers politiques en exil carcéral.

xavier ceccaldiXavier Ceccaldi est sorti du mitard après y avoir passé 20 jours dans les conditions que nous connaissons et surtout sans qu’aucun motif valable ne soit venu justifier une telle peine. À sa sortie du mitard il a été transféré dans un autre quartier de la prison.

CedricCourbeyCédric Courbey est également sorti du mitard mais a été transféré à la prison de Meaux. Ce transfert injustifié éloigne un peu plus Cédric de sa famille.

Stéphane Tomasini après s’être vu refuser une demande de rapprochement à Borgu il y a 4 mois et une demande d’assignation a résidence sur Aix en Septembre, a de nouveau demandé une remise en liberté provisoire qui lui a été refusée ce vendredi. tomasiniPPCes demandes ont toutes été refusées sous des prétextes fallacieux. À ces refus s’ajoute l’impossibilité pour lui de poursuivre ses études  dans de bonnes conditions, en effet, il n’a reçu ses cours seulement 15 jours avant les partiels et tous les cours rédigés en langue corse ne lui ont pas été transmis.

 Sa liberté d’étudier est donc entravée.

PierrePaoliPierre Paoli est passé devant le juge qui a renouvelé son mandat de dépôt de 6 mois alors même qu’il avait ordonné quelques mois auparavant sa libération…

emmanuel PERUEmmanuel Peru est passé le 13 Novembre devant le juge des détentions et des libertés qui lui a accordé sa sortie avec assignation a résidence sur Paris en lui expliquant qu’il n’y avait aucune raison pour qu’il soit maintenu en détention.

Dans la minute qui a suivi, le parquet a fait appel de la décision au motif fallacieux de risque de trouble à l’ordre public.

Récapitulatif de la situation des prisonniers politiques de Borgu :

NasicaJoseph Nasica a effectué une première demande de remise en liberté conditionnelle le 10 décembre 2015 qui a d’abord été ajournée  en Mai puis en juillet 2016, cela fait donc 7 mois qu’il attend une réponse. La  raison invoquée pour cette attente est la  nécessité de récupérer des documents auprès de l’employeur. 7 mois pour récupérer quelques documents…

pittiloni prisonnier politique corse FLNCGhjuvan-Maria Pittilloni  a effectué une première demande de remise en liberté conditionnelle  le 10 décembre 2015 dont le délibéré a été fixé au  21 décembre 2015 pour être ajourné au 10 juillet 2016, soit 7 mois après, du jamais vu…

Raison invoquée : complément d’enquête sur l’employeur et sur sa réinsertion possible.

PaulIstriaPaul Istria a effectué une deuxième demande de remise en liberté conditionnelle il y a 8 mois qui a été examinée le 10 décembre 2015 et dont le délibéré a été fixé au 29 janvier 2016. Alors une procédure déjà assez longue, pour en plus avoir pour réponse  un ajournement au 30 Mars, avec pour motif que le travail semble être un emploi de complaisance pour le parquet de Paris, alors même que l’enquête des services sociaux de Corse du sud et de la police avaient conduit à un avis favorables. Il est clair que cet ajournement traduit la volonté de re-contrôler l’employeur, une lourdeur administrative  qui aurait pour conséquence de décourager des éventuelles entreprises d’embaucher des prisonniers politiques pour des sorties anticipées.

sampieruAndreaniSampieru Andreani a effectué une deuxième demande de remise en liberté conditionnelle il y a 8 mois qui a été examinée le 10 décembre 2015 et dont le délibéré a été fixé au 25 Janvier 2016, pour avoir la réponse le 26 Janvier 2016 alors même que le greffe de la prison de Borgu avait bel et bien reçu le fax du délibéré le la veille. Cet incident à entraîné un blocage de la cours de promenade par Sampieru Andreani qui invoquait son droit à avoir la réponse en temps voulu et non pas un jour après. Le greffe de la prison de Borgu à semblé prendre à la légère le délibéré de Sampieru Andreani, et nous osons espérer que ce type d’incident ne se reproduira plus. Verdict du délibéré : Refus net, Malgré un bon dossier et une fin de peine dans 10 mois sur 8 ans, le vice-président chargé de l’application des peines LeGaudu ainsi que le substitut du procureur Mme Vandendriessche, ont rejeté la demande pour les motifs suivants : Monsieur Sampieru Andreani demeure dans le déni des faits pour lesquels il a été condamné et notamment de leur qualification de terroriste… « Il n’exprime par ailleurs aucune remise en cause ni aucun regret quant à son engagement passé ». Il est clair que cette phrase définit ce qu’est un prisonnier politique puisque ils reprochent à Sampieru Andreani de ne pas renier ses idées nationalistes et son engagement au sein de structures politiques et culturelles légales…

Messieurs Valls et Mirmand qui niaient encore il y a quelques jours l’existence des prisonniers politiques devront revoir leur copie. En effet, si comme le déclarait Mr Mirmand ces hommes ont été incarcérés pour des crimes et des délits, Sampieru lui demeure incarcéré pour ses idées.

Par ce motif de refus de liberté conditionnelle, la justice vient donc de prouver l’existence de prisonniers politiques Corses.

Avant que le FLNC n’annonce sa sortie progressive de la clandestinité  en Juin 2014, les demandes de sorties anticipées des prisonniers politiques étaient pour la quasi totalités acceptées bien avant les fins de peines prévues, après cette annonce, après les nombreux votes en faveur d’une loi d’amnistie (assemblée de Corse, Communes, institutions…), après l’élection des nationalistes à l’assemblée de Corse, nous avons constaté un durcissement des conditions de détentions et de nombreux blocages de sortie anticipées, les cas exposés ci-dessus en apportent la preuve…

Nous nous demandons donc aujourd’hui si cette situation traduit une volonté politique.

Hélas on ne peut plus en douter.

On ne peut nier ni la fermeture de Matignon, ni la volonté de vengeance à l’encontre des nationalistes qui transparaît au travers de ces événements.

C’est pourquoi nous appelons l’ensemble du peuple Corse à participer à la manifestation du 3 Février à Corti dont le mot d’ordre est clair et partagé : AMNISTIA !

C’est pourquoi nous annonçons également aujourd’hui la tenue d’une réunion débat sur le traitement de la question des prisonniers politiques par l’état français, les droits humains et l’amnistie le 18 Février prochain au palais des congrès d’Aiacciu, sur laquelle nous communiquerons très prochainement. »

Associu Sulidarità
02/02/2016